Origines Liban

Contenu - Menu - S'identifier - Brouillons - Contact

PHOTOS

 

 

 

 

 

  

 

 

 

>


Derniers commentaires

→ plus de commentaires


Adoption au Bon Pasteur

NOUN mars 2004

 

Debout dans son parc, Mathieu, petit bout de chou d'un an et deux mois, est le centre d'attraction de tout son petit monde: ses parents, grands-parents, oncles et tante, proches et amis de la famille. Tous le cajolent, le dorlotent, le font jouer, captivés par ses grands yeux noirs écarquillés et malicieux, qui semblent toujours réclamer de l'attention.

"Toutes les personnes qui croisent le chemin de Mathieu tombent sous son charme. Cet enfant inspire des élans inexplicables. Il dégage quelque chose de magique", s'extasie Nelly, sa maman.
Un jour, lorsqu'il sera en âge de comprendre, Mathieu apprendra qu'il n'a pas grandi dans le ventre de cette mère qui le couve aujourd'hui de son amour. Mais cela a-t-il vraiment une importance puisque, pour sa maman, le fait qu'il soit un enfant adoptif n'est qu'un détail, qui ne change absolument rien à son vécu de mère. Elle n'a de cesse de répéter que, pour son mari et elle, comme pour toute sa famille, "enfant adoptif ou pas, Mathieu est notre enfant". Et de rappeler que Mathieu a été désiré et attendu, tout comme son frère aîné, Nicolas, fils biologique de Nelly et son mari. Un temps de gestation psychologique et affective, pendant lequel s'est intensifié le désir de ce second enfant. Le couple avait envie de donner un petit frère ou une petite sœur à Nicolas, mais pour des raisons médicales, Nelly n'était pas en mesure d'assumer une seconde grossesse. Passé le temps de réflexion, et après avoir consulté famille et entourage proche, le couple décide de s'engager dans une procédure d'adoption.

Un miracle à la veille de Noël
Vivant en France, son mari et elle se tournent tout naturellement vers le Liban, avec lequel ils entretiennent des relations très étroites, la famille de Nelly y résidant. "Mais nous voulions également voir ailleurs, au cas où notre demande n'aboutirait pas au Liban. Nous étions donc prêts à adopter un enfant de n'importe quelle race ou origine", précise Nelly. Pour pouvoir adopter, le couple fait donc en France une demande d'agrément, qu'il obtient environ un an plus tard, en décembre 2002, quelques jours avant de venir passer les fêtes de Noël au Liban. Durant les semaines suivantes, tout s'enchaîne très vite: "De façon un peu magique, se souvient Nelly. Tout convergeait pour que nous ayons cet enfant. C'était vraiment très étonnant parce qu'il y a eu une myriade de coïncidences qui ont fait que c'était lui et pas un autre." L'attente de ce bébé s'est pour eux rapidement et presque miraculeusement dénouée. Car, lorsqu'un couple s'engage dans un processus d'adoption, il peut attendre des années avant de voir sa demande aboutir. Pour Nelly, l'heureux événement commence à poindre du nez à la suite d'un coup de fil de son frère, quelques jours avant l'arrivée du couple au Liban: "Mon frère m'a appelée pour m'annoncer qu'il y avait un bébé abandonné qui venait d'être opéré du cœur et qui était à l'hôpital." Par la suite, le couple apprend que l'enfant avait été confié, quelques jours après sa naissance, au Couvent du Bon Pasteur, par une jeune femme, sans que l'on sache si elle était la mère. Les sœurs, s'étant rendu compte qu'il était malade, avaient emmené l'enfant à l'hôpital, et grâce à leur dévouement, à la générosité des médecins et de CAP-HO, une association qui vient en aide aux enfants malades et tente de rassembler des fonds pour leur payer les frais d'hospitalisation, Mathieu avait pu subir une importante opération cardiaque. "Cet enfant a vraiment fait bouger beaucoup de gens, c'est vraiment une histoire d'amour. A chaque fois que quelqu'un se trouvait sur son chemin, c'était un élan de générosité et d'amour assez étonnant", note Nelly. Dès leur arrivée au Liban, son mari et elle se rendent à l'hôpital, mais ils se voient refuser le droit de voir l'enfant: "On nous a dit que nous n'étions absolument pas prioritaires pour l'adoption, que d'autres familles avaient déposé des dossiers depuis des années. Nous devions faire la queue comme tout le monde." Mais, le 30 décembre, un coup de fil inattendu les invite à se rendre à l'hôpital: "Une dame de l'association CAP-HO nous a expliqué la situation de Mathieu, et nous a demandé si nous souhaitions le voir. Dès que je l'ai vu, si mignon, tout petit, et dès qu'on l'a mis dans mes bras, j'ai commencé à pleurer. Même maintenant, lorsque j'y repense, cela me fait pleurer. C'était vraiment très émouvant, et pour nous, c'était trop beau pour être vrai." Tout s'est alors passé très vite. Le 31 décembre au soir, le couple apprend que la demande d'adoption est acceptée: "La mère supérieure du couvent nous a donné la liste des documents à fournir, et nous a demandé le prénom que nous voulions choisir. Nous avions déjà décidé de prénommer notre enfant Mathieu. Nous avons acheté du gâteau, du champagne, et nous sommes allés à l'hôpital pour annoncer à Mathieu que nous étions désormais ses parents. Puis, nous sommes revenus annoncer l'heureuse nouvelle à toute la famille, comme si nous venions vraiment d'avoir un nouveau-né. Nous avons tous fêté l'événement en buvant à la santé de Mathieu."
La santé du petit garçon portait en effet à inquiétude, mais cela n'a à aucun moment dissuadé le couple d'adopter cet enfant bleu, c'est-à-dire atteint d'une pathologie cardiaque. "La supérieure du couvent nous a posé la question: êtes-vous sûrs que vous voulez de cet enfant malgré sa pathologie? Nous en étions sûrs. Des amis ont essayé de nous amener à renoncer. Ces avis nous ont aidés à tester nos motivations, et nous nous sommes rendu compte qu'elles étaient plus fortes que tout. Nous avons pensé que, malade ou pas, un enfant est un enfant, et si nous avions eu un enfant biologique malade, nous ne l'aurions jamais abandonné. Alors, si le destin mettait sur notre chemin un enfant atteint d'une pathologie, ce n'était pas une raison pour ne pas l'adopter. Nous avons fait la démarche en toute conscience, nous étions très convaincus, et nous ne le regrettons absolument pas. Nous sommes comblés, et nous avons deux enfants magnifiques", se réjouit Nelly.
Aujourd'hui, Mathieu est régulièrement suivi par des cardiologues pédiatriques dans un grand hôpital parisien. Dans la pathologie dont il souffre, il y a un risque de complications, mais heureusement, beaucoup d'entre elles n'ont pas eu lieu, et son état de santé est rassurant. Chaque année, on devra toutefois lui faire une échographie cardiaque, et à l'âge de 5 ans, il subira des examens plus poussés.

La croissance par Internet
Nelly se souvient des quelques semaines qui ont suivi l'adoption. Le plus dur était qu'ils allaient devoir repartir sans l'enfant, qu'ils n'avaient vu que quatre jours, jusqu'à leur départ pour la France, le 2 janvier: "C'était difficile mais nécessaire, car il fallait faire avancer les papiers le plus rapidement possible pour pouvoir revenir récupérer Mathieu." Pendant ce temps, le bébé est retourné au Couvent, où allait régulièrement le visiter la famille de Nelly. "Ma sœur m'envoyait des photos par Internet, donc je pouvais suivre régulièrement la croissance de Mathieu", confie-t-elle. Après un mois de course aux papiers en France, et un autre mois de démarches administratives au Liban, le 11 mars, le couple repart de nouveau pour la France avec, cette fois, son bébé dans les bras. Une vraie vie de famille commence pour Mathieu, qui fait connaissance avec Nicolas, son frère aîné. Nelly raconte, amusée, les rapports entre les deux frères: "Cela faisait longtemps que nous disions à Nicolas qu'il allait avoir un petit frère ou une petite sœur, mais cela s'est un peu précipité, puisque nous n'avions pas eu neuf mois pour l'y préparer. Il a d'abord vu Mathieu à l'hôpital, à travers une vitre. Il a alors raconté à tout le monde qu'il allait avoir un petit frère."
Inévitablement, l'arrivée de Mathieu a suscité des interrogations chez son frère aîné. "Alors, avant vous, c'était qui mes parents? nous a demandé Nicolas. Nous lui avons expliqué que, lui, il n'avait que deux parents, son père et moi. Je lui ai montré des photos de moi enceinte, et je crois qu'il a compris. Il m'a dit: Mathieu, lui, n'était pas dans ton ventre, mais maintenant il est de la famille, et c'est mon petit frère. Et lorsque Mathieu avait quatre mois, Nicolas lui disait: Quand tu grandiras, quand tu sauras parler, tu nous raconteras comment s'appelaient tes autres parents. Ou encore, il lui confie sa propre histoire: Moi, je voulais un petit frère, mais mes parents ne pouvaient pas faire un autre bébé, donc ils sont allés te chercher." Nelly souligne: "Bien entendu, il y a toujours un peu de jalousie de part et d'autre, comme dans toutes les fratries. Et comme tous les cadets, Mathieu recherche toujours la compagnie de son frère aîné. Il rayonne à chaque fois qu'il voit Nicolas."

Une histoire d'amour
Pour Nelly et son mari, il ne fait aucun doute que Mathieu connaîtra un jour son histoire, qui n'est un secret pour personne: "En fonction de sa compréhension, de son âge, nous lui raconterons petit à petit, et nous gardons un contact permanent avec toutes les personnes qui se sont occupées de lui." Des personnes qui continuent aujourd'hui à demander de ses nouvelles. "C'est vraiment une histoire d'amour au sens large, toutes les personnes qui se sont occupées de Mathieu se sont attachées à lui", confie la mère comblée. Elle ne cesse de s'émerveiller devant le petit bout de chou qui fait ses premiers pas et accourt maladroitement vers elle, pour se jeter dans ses bras. Et lorsqu'elle entrouvre la porte d'entrée pour dire au-revoir à ses invités, Mathieu fond en larmes à l'idée que sa mère pourrait s'éloigner de lui. [top]

ECRIT PAR Nagham Awada du magazine libanais  Noun de mars 2004.

dans "ARTICLES DE PRESSE" Lu 10611 fois. Version imprimable

Article précédent - Article suivant

Commentaires

adoption au liban

nathan - le 26-12-05 à 00:53 - #

bonsoir

ton article m'a beaucoup touché, je suis en attente de l'agréement pour l'adoption, je suis libanaise d'origine, installée en FRANCE depuis 1990, j'adopte seule, j'ai essayé de me renseigner au sujet de l'adoption au LIBAN, on m'a complètement découragé en tant que femme célibataire; j'aimerai etre en contact avec la famille des nicolas et mathieu, me mettre en contact avec des orphelinats au liban

penses tu que c'est possibles?

Merci de ta réponse

marie


Re: adoption au liban

laurencia

laurencia - le 26-12-05 à 22:11 - #

Bonjour Marie,
 
  Pour contacter la famille de Mathieu ,je pense que tu pourrais écrire   au journal "Noun"
qui a écrit l'article qui leur tranmettra ton message.Pour les crèches,il y en a deux au Liban.
Le mieux c'est d'écrire pour faire connaître ta demande.Par contre je pense qu'au Liban tu ne dois
pas pouvoir adopté en célibataire au vu des textes de la MAI.Je pense que les couples
sont surement prioritaires contenu du caractère religieux des crèches.
 
Si tu le souhaites tu peux me contacter directement sur originesliban@yahoo.fr
Bonne chance et courage pour tes démarches
 
A bientôt
Laurencia
 
 Textes
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/les-francais-etranger_1296/conseils-aux-familles_3104/adoption-internationale_2605/pays-origine_3233/fiches-pays_3895/liban_9613.html


Re: adoption au liban

patricia - le 27-02-06 à 23:04 - #

avez-vous avancé dans votre démarche ?


Quelle surprise!!!!

Nayla - le 06-01-06 à 23:32 - #

Je viens de découvrir, avec beaucoup d'émotion, votre site web.

Personnellement, je suis libanaise, chanteuse, auteur et compositeur de mes chansons, un mélange de libanais et d'español.

J'ai lu avec beaucoup d'attention tous les coins et recoins du site. CHAPEAU !!!

Et toutes ces histoires réelles qui sont dignes de best sellers.

Je vous souhaite à toutes et  à tous beaucoup, beaucoup de courage, et surtout, une année 2006 pleine de dénouements familiaux.

à bientôt et ala maak, toujours, qui que tu sois, d'où tu viens.

Nayla

http://www.soynayla.com

http://alamaak.com


Re: Quelle surprise!!!!

hadji - le 22-01-06 à 13:40 - #

bonjour a tous monde

a bientot


Re: Re: Quelle surprise!!!!

laurencia

laurencia - le 22-01-06 à 13:51 - #

Bonjour Hadji

Qui es-tu?

A bientôt

laurencia


patricia - le 27-02-06 à 23:00 - #

bonjour,

l'article est tellement émouvant. Je suis moi-même en procédure d'adoption. Est-il possible d'entrer en contact avec le papa et la maman de mathieu ?

Patricia


Re:

laurencia

laurencia - le 27-02-06 à 23:07 - #

Bonsoir Patricia,

 pour contacter avec les parents de Mathieu ,écris à Noun

peut être que le journal transmettra .

Bon courage dans tes démarches d'adoption.

Laurencia


je voudrais adopter un enfant libanais

Marie - le 13-03-06 à 00:15 - #

Bonjour à tous,

J'ai lu les témoignages dans ce site avec beaucoupd'interêt.  je suis libanaisemais je vis avec mon mari au Canada et j'aimerais adopter un enfant libanais mais je ne sais pas par ou commencer

merci de bien vouloir me conseiller

Marie

Bonjour Marie, je ne connais pas les procédures d'adoption pour le Canada.

Voici un lien français qui vous donnera les critères d'adoption du Liban pour des couples français.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/les-francais-etranger_1296/conseils-aux-familles_3104/adoption-internationale_2605/pays-origine_3233/fiches-pays_3895/liban_9613.html

Bonne chance

Laurencia

originesliban@yahoo.fr 


futurs adoptants d'un petit libanais(besoin d'aide)

ponthieu - le 13-03-06 à 20:59 - #

bonjour ,un grand merci pour votre témoignagne qui ns a redonné de l'espoir ...en effet,cela fait 2 ans que nous avons notre agrément et ns pensions au vu des témoignages sur l'adoption auliban qu'il était trés difficile d'aboutir  positivement . pouvez-vous ns aidez ? quelle est l'adresse du couvent du bon pasteur au liban ? comment se nomme la mére supérieure ? quelles sont les critéres et la liste des papiers à fournir pour mettre toutes les chances de notre côté . afin de pouvoir envoyer le meilleur dossier de demande d'adoption d'un enfant au liban ! nous vous remercions par avance et nous espérons une réponse qui nous seras d'une aide précieuse


Génial

JMR - le 18-09-08 à 13:48 - #

Bonjour,
Ce témoignage m'a beaucoup touché.
Je suis libanaise et je vis avec mon mari français en France. Nous venons d'avoir l'agrément au mois de juillet. Nous avons pris contact avec l'orphelinat du Bon Pasteur l'été dernier et ils nous ont dit que l'association ne s'occupe plus des adoptions. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il faut quand même insister ?
Nous avons également contacté La crèche de Saint Vicent de Paul des Soeurs de la Charité à Achrafieh. la mère Supérieure nous a dit qu'il n'y a pas d'enfants à adopter pour l'instant surtout que nous souhaitons un enfant de moins de 2 ans et le plus jeune possible.
Merci d'avance pour votre aide.
JMR


Répondre à l'article