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Pays de la Loire.19.07.2006

Vacances amères pour neuf enfants libanais

 
 

Actualité

Pays de la Loire

Paru dans l'édition du mercredi 19 juillet 2006

 

Vacances amères pour neuf enfants libanais


Helena entourée de sa famille d'accueil, Virginie et Franck Pornin, de leurs enfants, Alicia, Ludivine et Alban et d'Isabelle Elias, présidente d'Enfants du Liban (au fond).
Comme tous les ans, ils sont venus pour deux mois de repos en Mayenne. Aujourd'hui, face à la guerre qui s'installe dans leur pays, association et familles d'accueil font face.

Helena, Hanane, Joseph, Shirine, Cynthia, Zeina, Pascale, Simon et Maroun. Depuis début juillet, ces neuf enfants sont accueillis, en Mayenne, par l'association Enfants du Liban, de Château-Gontier. Elle offre chaque année des vacances en France à des Libanais de 9 à 11 ans, en partenariat avec un foyer de la plaine de la Bekaa. Une véritable bouffée d'air pour ces jeunes, souvent issus de familles en difficultés.

Mais, quand il y a quelques jours, les bombes israéliennes ont commencé à tomber sur Beyrouth, la capitale, les membres de l'association ont dû réagir. Isabelle Elias, la présidente, a d'abord demandé la plus grande discrétion aux familles d'accueil. Mais il est temps, désormais, d'expliquer aux enfants ce qui se passe : « Il va falloir le faire doucement, mais on doit leur dire la vérité. »

« On vit terré chez soi »

Ce qui l'a amenée à changer d'avis ? Cet enfant qui, dans une antenne lilloise de l'association, a vu les images de guerre sur une chaîne du satellite. « Il était effondré. Heureusement, on a pu joindre sa famille. Il a parlé à sa mère et à son frère et leur a demandé d'être prudents. »

Malgré son éloignement de la frontière israélienne, Zahlé, ville de 130 000 habitants d'où sont originaires la majorité des enfants, a subi des bombardements toute la nuit de dimanche à lundi. « Tout le monde vit terré chez soi. Le village des jeunes a été fermé. Toutes les colonies ont été annulées, rapporte Isabelle, qui garde de nombreux contacts sur place. D'après son directeur, le lieu reçoit désormais des réfugiés fuyant le sud du pays et commence à manquer de nourriture. »

Les familles libanaises, elles, sont en bonne santé. Isabelle a pu parler à quelques mères, désolées que leurs enfants ne soient pas avec elles, mais rassurées, quelque part, qu'ils soient « loin, en sécurité ».

Quant aux familles d'accueil, elles sont aussi touchées par le conflit. « Nous avons tenté de ne rien changer au programme. Hier, nous sommes allés sur la côte, expliquent Virginie et Franck Pornin, qui reçoivent Helena, 10 ans, à Simplé. On continue de jouer aux cartes. Elle adore ça ! »

Retour au Liban difficile

Au fond, le séjour a changé de visage. « Les journaux télé sont interdits, mais on commence à leur parler de « conflit », précise Béatrice Bordeau, qui accueille des enfants à Peuton. Le mot « guerre » ne sera pas prononcé. « Mais, dès qu'on parle « Hezbollah » ou « bombardement », les enfants comprennent... »

Le pire, pourtant, est sans doute à venir. « Quand il faudra les renvoyer chez eux, fin août, nous penserons au choc qu'ils vont subir en voyant leur région dévastée », ajoute Béatrice. Un retour qui commence aussi à inquiéter Isabelle Elias. « Une éducatrice libanaise devait nous rejoindre pour les dernières semaines et repartir avec les enfants, mais elle est bloquée sur place », rapporte la présidente. « J'avais envisagé de prendre des billets pour raccompagner tous les jeunes à Damas, en Syrie, le 20 août. La ville est à 50 km à peine de Zahlé. Mais les bombes ont détruit l'autoroute de Beyrouth à Damas que nous pensions emprunter. » Hier soir, elle devait rencontrer le maire de Château-Gontier et le sous-préfet pour se préparer à un éventuel séjour prolongé des enfants.

Pour Isabelle, c'est un « énorme retour en arrière pour le Liban, qui venait à peine de se relever d'un autre conflit ». L'association avait d'ailleurs été créée, en 1987, pour sortir les enfants de la guerre. « Au moment où les choses commençaient à aller mieux, tout recommence... », désespère-t-elle.

Maintenant, elle reçoit des dizaines de courriels, chaque jour, lui demandant d'alerter les médias et les autorités.

 

Benoît DESHAYES.

Ouest-France du mercredi 19 juillet 2006
     

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