Origines Liban

Contenu - Menu - S'identifier - Brouillons - Contact

PHOTOS

 

 

 

 

 

  

 

 

 

>


Derniers commentaires

→ plus de commentaires


La voix des adoptés

 

Une association axée sur l'adoption internationale et surtout sur l'Amérique Latine, pour que les adoptés puissent s'exprimer et connaître davantage leur culture d'origine.

http://lavoixdesadoptes.blog4ever.com/blog/index-2995.html

 


L'association « la voix des adoptés » a été créée en avril 2005.

A l'origine, Elsa et moi-même, deux adoptées françaises d'origine péruvienne, ayant un parcours similaire et une certitude commune : Proportionnellement  au nombre d'adoptés que nous sommes en France, il y a trop peu d'associations créées en France par des adoptés pour les adoptés.

Tout à commencé, quand il y a un an, je retrouve ma famille biologique au Pérou ,et que je découvre la vérité sur mon pseudo abandon : un savant mélange de manipulation et de mensonges, mis en place par une odieuse et perfide famille de trafiquants, destinée à tromper ma mère biologique et à me vendre, à un couple de français pour la somme de 3000 dollars.

Dans les mois qui ont suivi, les recherches que j'ai effectuées pour en savoir plus sur mon histoire, ne m'ont mené malheureusement qu'à une seule conclusion : le trafic d'enfant est plus que monnaie courante dans le « commerce » (et c'est avec beaucoup de peine que j'écris ce mot….) que constitue l'adoption internationale, et aujourd'hui, 25 ans après, rien n'a changé : des milliers d'enfants ,sois disant, abandonnés sont volés à leur familles biologiques par d'odieux moyens et placés sur le « marché » de l'adoption chaque année.

Ils partiront plus tard vers l'étranger et n'auront peut être jamais la chance, s'ils le veulent un jour, de revoir leurs familles, laissant ainsi des milliers de mères, de pères, de frères, de sœurs, dans la souffrance et l'incompréhension face à la perte d'un enfant.

Heureusement, cela ne concerne pas la majorité des adoptions qui sont de réels cas d'abandons.

En rencontrant par la suite d'autres jeunes adultes péruviens qui recherchaient leurs familles je suis restée abasourdie par l'absence de moyens mis en place pour les aider.
 Moi- même, j'avais du effectuer mes recherches par mes propres moyens.
Indignée, je décide de les aider. C'est un succès. Elsa retrouve sa famille au Pérou, puis Julien, Laetitia, Cédric, Killya, Isabelle...

Avec chacun d'eux, j'ai échangé des conversations vraiment intéressantes et constructives. Non seulement on partageait la même culture d'origine, mais aussi les mêmes sentiments de différence (se sentir étranger alors qu'on est chez soi), d'angoisse (qui suis-je ? Quelle est mon histoire ?), de confusion (où me placer ? Où me situer dans ma famille ?)…On était pareils.

Et puis un repas. Elsa et moi avons dîné un soir avec la présidente et la fondatrice de la seule association d'adoptés en France : Racines coréennes. Une révélation, un déclic s'est produit. Cette fois on en était sûres : au-delà de nos origines qui sont différentes cette fois, nous partagions avant tout cette base commune primordiale, celle d'être adoptées, et c'est sur cette base que nous devions construire notre projet.

Nous avons donc voulu une association qui crée  par des membres adoptés et qui s'adresserait à tous les adoptés quels que soient leurs origines. Nous pourrions nous rencontrer, nous écrire, afin d'échanger sur nos expériences en tant qu'adoptés, nous conseiller, nous soutenir, nous entreaider.

Nous voulons aussi défendre une éthique de l'adoption, afin de réduire les souffrances des adoptés, et afin qu'on puisse se construire en paix, sans tabous, sans mensonges, mais dans le respect de notre personne et de nos origines.

Nous voudrions nous faire reconnaître, nous affirmer et revendiquer nos droits, comme celui de rechercher nos familles si nous le désirons, sans qu'on vienne nous mettre des obstacles insurmontables devant nous, qu'on nous décourage et qu'on nous culpabilise. Ou le droit de ne pas savoir aussi, car ça aussi c'est notre droit.

Nous aimerions pouvoir amener petit à petit les adoptés qui le souhaitent et qui sont prêts à cela à connaître leur culture d'origine. Une approche souvent fondamentale quand on est en train de se construire pour savoir qui nous sommes.

Nous souhaitons apporter à l'adoption une morale et soutenir toutes les organisations, associations, manifestations, qui agissent contre les dérives de l'adoption (trafics, faux papiers…) car ce n'est pas cela l'adoption.

L'adoption c'est avant tout des parents consentants à laisser leur(s) enfants à des parents adoptifs qui l'aideront à grandir et à se construire en toute liberté avec les deux cœurs qui le caractérisent.

                       **********************************************************************************************

Témoignage de Céline, 25 ans, adoptée au Pérou.

 

Mes parents, un jeune couple de français de 26 et 28 ans à l'époque, ne pouvaient  pas avoir d'enfant malgré les traitements qu'ils avaient fait. C'est tout naturellement, qu'un jour, l'idée d'adopter a germé dans leurs têtes.

Après de longs mois d'attente et de difficiles démarches, le 15 juillet 1980, ils reçoivent un coup de fil de l'association « Rayon de Soleil », l'association par laquelle ils ont décidé de passer, qui leur annonce que la veille, le 14 juillet, une petite fille était née, et q'elle leur était destinée. Ni une, ni deux, ils font leurs bagages, toute la famille les soutient et les aide à réaliser leur projet, et les voilà parti vers Lima, le 29 juillet 1980.

Le lendemain, les intermédiaires du « Rayon de Soleil » au Pérou, l'association « San Benito de Palermo » débarque dans l'appartement qu'ils occupent avec, enroulée dans une couverture, un nourrisson de 16 jours, moi. Ils décident de m'appeler Céline.

Ils resteront 1 mois à Lima, le temps que j'obtienne mon visa pour la France.

Le 01 septembre 1980, nous arrivons à Roissy, et pour moi, commence une nouvelle vie. Je suis très bien accueillie par toute la famille. 3 ans passent, avant qu'arrive un petit frère de Corée, Jérémy.

Les années passent encore, et rien ne vient faire tâche à notre bonheur. Je sais que j'ai toujours pu parler de mon adoption. Mes questions trouvaient à chaque fois une réponse. En plus de cela, mes parents m'ont toujours montré d'où je venais. Je ne manifestais pas forcément un intérêt particulier, néanmoins, rien n'était tabou. Mes parents respectaient mes enthousiasmes comme mes silences.

24 Octobre 2000. Ma petite fille pousse son premier cri. Un bonheur indescriptible mais vite suivi d'une foule de questions, de sentiments d'angoisse. Moi aussi j'avais été mise au monde par une femme….Qui était cette femme ?.

A cette époque j'ai envie de rencontrer des personnes de mon pays, je suis attirée par le Pérou et par tout ce qui y touche. Ca y est : ma partie péruvienne s'est réveillée.

Je commence par rencontrer des musiciens dans le métro, puis des jeunes péruviens de la même génération que moi. Ils m'entraînent dans les fêtes péruviennes à Paris et pour moi ce monde, jusque là inconnu pour moi, m'attire comme me fait peur. C'est un sentiment indescriptible que celui de se retrouver avec des personnes comme nous quand cela ne nous est jamais arrivé. Là, je ne suis plus étrangère, je fais partie d'eux, il n'y a pas de différence. Et cette musique, la salsa, la cumbia, ces notes que je ne connaissais pas et qui pourtant provoquent en moi un sentiment de bien être. Je ne connais pas, mais pourtant j'ai l'impression d'avoir retrouvé quelque chose : peut être une partie de moi.

Avril 2003. Une rencontre qui va changer ma vie : Fernando, un jeune péruvien récemment arrivé en France. Lui, essaie de s'intégrer ici, tant bien que mal. Son pays lui manque, tout est différent ici. Malgré tout, sa bonne volonté est là. Moi, intégrée ici depuis des années, mais en recherche de mes origines, de mes racines. Je suis attirée par ce pays, dont je ne connais rien mais qui pourtant est mien aussi. Nous nous étions trouvés.

Ensemble, mois après mois, nous allons enseigner notre propre culture à l'autre. Lui, davantage par nécessité, moi plus pour mon enrichissement personnel et mon bien être moral. Quelques mois après, j'ai changé : j'ai très vite assimilé la culture péruvienne, la langue aussi. Je parle espagnol. Je me sens même double. En effet, le fait de vivre avec lui, fait que nous mélangions les cultures à la maison. Jamais je n'ai oublié ma culture d'adoption, mais je l'ai combiné avec ma culture d'origine et cela a largement contribué à l'équilibre que je me suis construit.

Mais il manque encore une chose : qui est celle qui m'a mise au monde ?

Mon ami me propose l'aide de son père qui est à Lima. J'accepte. Le nom de ma mère est dans mon dossier. Je lui donne tout les éléments nécessaires et quelques semaines après on m'annonce la bonne nouvelle : On a retrouvé ma mère.

Ce qui devait être un bonheur total va pourtant se transformer en chute dans un abîme quand j'apprends que ma mère ne m'a jamais abandonné mais s'est faite abusée à l'époque par une famille de trafiquants d'enfants : l 'association San benito de Palermo était en fait un lieu de transit pour des enfants qu'on avait enlevé à leur mère, des mères qu'on a abusé, à qui on a menti, qu'on a berné (mensonge, faux papiers, faux actes d'abandon…)

Quelques semaines après je pars pour Lima rencontrer ma famille. Là bas, ma mère, mon père, mes sœurs et mon petit frère m'attendent  à l'aéroport avec une grande impatience, et une vive émotion. J'arrive et c'est l'effervescence. Ils me serrent tellement fort dans leurs bras que je comprends à quel point ils ont dû souffrir de mon absence. Ces larmes, ces airs qui se dessinent sur leurs visages et qui trahissent leur impression de ne pas pouvoir y croire…C'est émouvant oui, mais malgré tout, moi, j'ai dû me montrer un peu froide sans le vouloir. Il me fallait du temps, c'était de purs étrangers, même si nous partagions le même sang. Je suis restée 8 jours.

Depuis, je construis avec eux, et petit à petit, des relations mère-fille, père-fille, des relations fraternelles aussi. Tout ça prend du temps. Je suis repartie à Lima un mois en juillet 2004, avec ma petite fille cette fois. Nous avons pu un peu mieux prendre le temps de nous connaître.

Voilà mon histoire.

A côté de cela, je nourri toujours autant d'amour pour mes parents adoptifs et une réelle admiration, voir plus. Avant, je savais que je pouvais compter sur eux. Pendant la tempête, ils étaient là, avec moi, me soutenant à chaque épreuve que je traversais. Et après, tel un couple, tel une formidable équipe, nous en sommes ressortis tous encore plus forts, grandis, et soudés plus que jamais par cette expérience.

En octobre 2004, je me suis mariée avec Fernando. Notre union, symbole de notre amour est aussi la victoire de l'union France-Pérou dans notre couple. Une union qui aujourd'hui fait partie de moi et de mon histoire. Je suis tour à tour France, puis Pérou, un équilibre qui fait de moi à présent une adoptée réconciliée avec son passé.

 

 

dans "ACTUALITES,LIENS" Lu 868 fois. Version imprimable

Article précédent - Article suivant