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Jeudi (11/05/06)

Politique, religion, homosexualité, concubinage, mariages mixtes

L'Hebdo Magazine Nº 2531 du Vendredi 12 Mai 2006


Ils s'appellent Abdallah, Pauline, Suzanne, Hamad ou Joséphine. Ils sont chrétiens, musulmans ou druzes. Ils ont chacun leur propre histoire, leur propre vécu. Pourtant, un facteur commun les rassemble: leur
lassitude à l'égard du système confessionnel qui rejaillit sur l'ensemble de leur vie quotidienne. Magazine est allé à la rencontre des jeunes pour les interroger sur la politique, la religion, la sexualité...

«La politique? Khalas!» Christian et Rami ne veulent tout simplement plus entendre parler du sujet. Ils l'ont suffisamment ressassé, et, au bout du compte, aucun changement ne se profile à l'horizon. «Le système libanais est un véritable labyrinthe confessionnel. Il est impossible de concilier les intérêts de toutes les communautés, tant qu'elles revendiqueront chacune une part du gâteau». Le dialogue serait utopique, du moins tant que le système confessionnel sera en place, pensent les deux amis. Une opinion partagée par Hassan Hammoud, un jeune avocat: «Comment mettre en place un dialogue, alors que les communautés vivent centrées sur elles-mêmes et qu'elles commencent tout juste à faire connaissance?» Le problème du pays viendrait de cette interaction entre politique et religion, pour nombre de jeunes Libanais. «En tant que croyante, je n'aime pas que mon mufti parle de politique, je veux simplement qu'il me parle de religion», explique Suzanne Hossari.
La politique est basée sur l'appartenance communautaire, les partis suivent chacun une idéologie religieuse, et force est de constater que le résultat n'est pas probant: «On a suffisamment expérimenté le système communautaire, ça ne marche pas», lâche Joséphine Hage Chahine, avant de poursuivre: «Il faut trouver autre chose». La solution serait-elle alors la laïcité, une séparation claire et nette de la politique et du religieux? «Les Libanais ne sont pas prêts pour la laïcité, le sectarisme est bien trop ancré dans le quotidien de chacun. La guerre intérieure de chaque personne ne s'est pas arrêtée», pense Mouna Merhi, productrice de documentaire. Suzanne Hossari non plus n'envisage pas cette solution à court terme. «Comment faire pour appliquer cette base laïque?», s'interrogent les jeunes. La désillusion semble avoir pris le pas. Le système est bien rodé, le clanisme des familles politiques perdure, chacun fait appel à son vivier communautaire.

Un système tentaculaire

Mais le problème ne se cantonne pas à la sphère politique, il se répercute à plusieurs niveaux. «Nous vivons tous en autarcie, chaque communauté a son tribunal, son juge. Sur le marché de l'emploi, on trouve la politique de quotas réservant tant de place pour les chrétiens, les musulmans... Un constat qui révolte les jeunes, jugeant ses mesures purement artificielles et discriminatoires. Joséphine Hage Chahine et Jennifer Farhat font des études de droit. Leur rêve: devenir magistrate. Elles auront beau travailler de façon acharnée, réussir leurs études universitaires, elles ne trouveront une place de magistrate qu'en fonction des quotas. «On n'obtient pas un poste parce qu'on est compétent ou qu'on le mérite, mais selon le nombre de postes prévus pour chaque communauté». Leur souhait? Revendiquer la candidature au mérite. «Si cette classification des individus en communautés n'existait pas, il n'y aurait plus ni minorité, ni majorité», estiment les deux jeunes femmes. Le système tourne en rond. «Ça va brûler, pense Mouna, sans vouloir jouer les Cassandre. Une solution évoquée à de nombreuses reprises par les jeunes serait le statut civil personnel, tant de fois débattu, jamais encore adopté. «Le statut civil changerait le statut confessionnel et permettrait une application uniforme pour toutes les communautés», espèrent Joséphine et Jennifer.
Le statut civil personnel permettrait une véritable mixité sociale, un brassage, et pas uniquement des intérêts communautaires, simplement mis côte à côte, mais bel et bien séparés. «Tout est mixte au Liban», analyse Ogarite Younane du mouvement associatif «Civil Rights». «Mais la mixité peut prendre différentes formes. Elle peut être un collage, un mélange, être diluée, il n'y a pas de définition unique». Pour elle, une seule alternative, le mixte doit devenir «commun». Et ce commun, «c'est la liberté d'aimer», selon elle. Son association a entre autres pour mission d'informer les couples de la procédure à suivre pour faire un mariage civil à l'étranger.
Car le confessionnalisme ne se cantonne évidemment pas à la res publica, il touche à la sphère la plus intime: les relations amoureuses. Tant que les relations ne sont pas consolidées par les liens du mariage, la barrière confessionnelle ne semble pas poser problème à la jeunesse. Les chrétiennes sortent avec des musulmans, les druzes avec les chiites, toutes les combinaisons sont possibles. Si tant est que la relation soit vue sous le prisme de la brièveté et de la légèreté, parce que, dès qu'on touche au mariage, les avis ne sont plus les mêmes! Il est préférable de rester dans sa propre communauté. Ramona et Norma trouvent normal que les jeunes se «mélangent» dans la vie quotidienne, dans leurs relations d'amitié, mais pas question de faire un mariage mixte ou civil dans leur propre cas. Ramona est musulmane. Son mari sera automatiquement un musulman. «C'est essentiel d'avoir la même religion pour éduquer ensuite son enfant, pour perpétrer nos traditions». Pour la jeune fille, on ne peut pas effacer les différences confessionnelles dans la vie de chacun, c'est en politique seulement qu'il faut y mettre un terme. Sa comparse, Norma, a une vision un peu plus nuancée. «Le mariage civil garantit les droits de la femme, alors que dans la religion, la suprématie de l'homme sur la femme est incontestable».
Pour les couples mixtes, la solution la plus répandue est alors le voyage vers Chypre. Diala el-Jawhari est une toute jeune mariée. Elle s'est unie à l'homme qu'elle aime en mars dernier. Diala est druze, son époux chiite. Ils se connaissent depuis les bancs de l'école: «Nous sommes en totale harmonie de pensée et de croyances», affirme la jeune femme, sereine. Bien sûr, leur union n'a pas été du goût de tout le monde. Leurs parents n'étaient pas très emballés par cette perspective, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ils ont fini par l'accepter. Pas question de faire un mariage religieux, Diala étant déjà suffisamment marquée par le divorce difficile de ses parents. Elle et son futur mari ont alors choisi alternative chypriote. Une centaine de couples se rendrait chaque année sur l'île pour se marier civilement. Nombreux sont pourtant les opposants au mariage civil chez les parents, car ceux-ci pensent que le mariage civil va à l'encontre de la religion.
Les relations amoureuses ne sont pas toujours faciles, même pour des jeunes issus de la même communauté. Pauline est chrétienne. Son petit ami aussi. Ni l'un ni l'autre ne veut se marier pour le moment. «On attend de mieux se connaître, de partager le quotidien, avant de faire des projets de mariage». Ils vivent ensemble à Achrafié. Officiellement, Pauline partage un appartement avec une amie. «Mes parents vivent loin de la capitale. Comme j'ai trouvé un travail à Beyrouth, je leur ai dit qu'il fallait que je vive sur place. C'était une opportunité pour moi de vivre avec mon copain. Mais mes parents ne seraient jamais d'accord. C'est très mal vu de vivre en concubinage, même si beaucoup de jeunes le font, du moins en secret».
Les jeunes cultivent précieusement leur jardin secret, à l'abri des regards, dans le plus pur secret. A l'instar de Abdallah. Ce trentenaire raffiné est homosexuel. Mais très peu de gens le savent. «Etre homosexuel est très mal vu dans ce pays, non seulement c'est passible d'une peine de prison, mais en plus c'est «haram» au regard de la religion», explique-t-il, quelque peu amer. Abdallah préfère donc se faire discret, pour son propre confort. «A Beyrouth, tout se sait très vite, et je n'imagine pas les conséquences qu'impliquerait un coming out. Mes parents sont très conservateurs, ma famille le vivrait comme une honte, j'aurai également peur de perdre mon travail. Le diktat religieux est très puissant!»

Beaucoup de tabous sexuels

«Tu peux tricher et faire beaucoup de choses», lâche Mouna. «On peut tout faire, tant que personne ne le sait, pensent aussi Joséphine, Jennifer et Rayanne. Les tabous ont la dent dure. Le nœud gordien est souvent la méconnaissance de l'autre, les préjugés. «Je pensais que la sexualité était un cas pathologique. L'une de mes amies a rencontré un homosexuel, il lui a fait part de son expérience. Du coup, j'ai fait des recherches sur l'homosexualité. Je n'aime pas avoir des idées conservatrices», confie en riant Suzanne. J'ai compris que c'était naturel. Je pense que les homosexuels ne doivent pas être bannis. Mais je ne veux pas non plus que ça devienne un phénomène banalisé».
Les jeunes ne rejettent pas leur religion, bien au contraire. Très peu se disent athées, mais pour eux, Dieu et la religion doivent rester uniquement dans «le cœur de l'homme». «Tous les Libanais sont libres de leurs confessions religieuses», résume avec sagesse Hassan. Mais elle doit être réservée à la sphère privée. «Pour moi la laïcité, c'est la tolérance, ajoute Joséphine. Je ne suis pas par exemple contre le fait d'interdire le voile. Tant qu'il correspond à une conviction personnelle, je ne vois pas où est le problème. Suzanne a le même raisonnement. «J'ai ma propre vision de la religion. Je peux comprendre qu'une femme qui organise toute sa vie et son comportement de manière religieuse mette le voile, c'est un symbole de piété. Par contre, si c'est simplement pour dire «je suis musulmane» ou si le voile est une contrainte imposée par la famille, je suis contre.
Avant d'être sunnite, chiite, druze, chrétien maronite ou grec-orthodoxe, tous ces jeunes sont Libanais. Ils ont ressenti très vivement ce sentiment d'appartenance à une même communauté lors du printemps de Beyrouth, en 2005. Cette union, cette solidarité était, semble-t-il, à son apogée. Aujourd'hui, ils ne veulent plus que leur identité soit réduite à leur appartenance communautaire. Certes, elle est une composante importante de leur identité, mais elle ne la résume pas. Pourtant, ils se heurtent tous au même mur: ils ont beau vouloir sortir du système communautaire, ils ne savent pas comment faire. Pour Hassan, l'alternative possible est l'éducation. «Il faut éduquer ses enfants à réfléchir en tant que Libanais, les habituer à la mixité dès l'enfance. On apprend difficilement le piano à 25 ans, c'est plus évident quand on est petit. C'est pareil pour la mixité».


Le printemps des interrogations

Un an après le printemps de Beyrouth, André Baladi, Reina Sarkis, Fadi Toufic et Lokman Slim ont décidé de relancer le débat dans le pays du Cèdre. Jugeant que certaines questions fondamentales de la vie socio-politique ont été passées sous silence, ils ont décidé de mettre au point un questionnaire
interrogeant le rapport de chaque citoyen à la Constitution, aux lois civiles et à leur vécu identitaire. Confessionnalisme politique, conversion religieuse, laïcité, liberté d'expression, mariage civil... autant de sujets épineux abordés dans cette campagne pour inviter tous les Libanais à un grand débat sur la société. Ce questionnaire, comprenant 31 points, a en effet moins vocation à tirer des statistiques que d'insuffler la réflexion et le débat. Environ 1200 personnes ont répondu pour le moment au questionnaire distribué dans les universités et les lieux publics, ou disponible en ligne sur www.springhints.org. Deux points sont essentiels selon les instigateurs du questionnaire. Tout d'abord, les Libanais sont dans leur majorité favorables à des réformes démocratiques: «70% ont des penchants pro-démocratiques», déduit André Baladi. Mais ce qui l'a davantage surpris est la crainte exprimée d'une nouvelle guerre au Liban: 61% des Libanais ayant répondu au questionnaire redouteraient cette alternative.


Mariage civil: direction Chypre

Instauré en 1936 sous le mandat français, le mariage civil n'est pas appliqué au Liban. Seule solution pour les adeptes de l'union civile: contracter un mariage à l'étranger. Deux jours et 1000 dollars sont suffisants pour convoler en justes noces (civiles) à Chypre. Le plus étonnant est que la loi
libanaise autorise et reconnaît ce mariage. Une solution qui séduit les couples mixtes ne voulant pas se convertir à la religion de leur conjoint, mais aussi les pourfendeurs du mariage religieux ou ceux se revendiquant comme athées

 
 

Ecrit par laurencia à 23:23 dans ARTICLES DE PRESSE Lu 1584 fois.

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Mardi (06/12/05)

Vendredi (12/08/05)

De nombreux experts regrettent l' absence de progrés au Liban en faveur des femmes

juillet 2005

 Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes

Ecrit par Origines Liban à 23:33 dans ARTICLES DE PRESSE Lu 1680 fois.

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Mardi (05/07/05)

Mercredi (20/10/04)

Un message d’amour dans « L’enfant du secret »

L' orient le jour 21.10.2004

Salon du livre - Un message d’amour dans « L’enfant du secret » 
Le cri de souffrance d’Alexandrine Siham

Alexandrine Siham, c’est « l’enfant du secret », l’enfant aux deux prénoms, l’enfant aux deux identités. La première, l’originale, la Libanaise, c’est Siham ou plutôt Siham Nelly qui, jusqu’à l’âge de 4 ans, était une enfant abandonnée, illégitime, une enfant de la honte recueillie par les religieuses de la crèche Saint-Vincent-de-Paul et à laquelle elles ont donné un nom, une identité. La seconde, Alexandrine, est de nationalité française. Elle a aujourd’hui 39 ans. Née à l’âge de 4 ans, alors qu’elle venait d’être adoptée par un couple de Français, elle tente de trouver sa place dans un monde auquel elle ne s’identifie pas. Brune à la peau mate, dans une famille de blonds aux yeux bleus, elle souffre de ne pouvoir être la petite fille modèle tant désirée. Elle souffre surtout du déracinement de son pays d’origine, le Liban, de ce passé que ses parents adoptifs tentent d’occulter, mais qui resurgit dans ses cauchemars d’enfant et ses rêves les plus fous. Rebelle, tant dans son aspect physique que dans son comportement, elle exprime sa souffrance à travers ses actes, ses paroles, ses interrogations. Siham Nelly au Liban, Alexandrine en France, la jeune femme ne se sent ni tout à fait libanaise ni tout à fait française. Tout juste une étrangère ici ou là, mais une étrangère partout ailleurs aussi.
À travers L’enfant du secret, Alexandrine se livre totalement, raconte sa détresse, sa souffrance de cette dualité qui lui pèse, son chagrin de ne pas parler ni comprendre l’arabe, sa langue maternelle, qu’elle parlait pourtant exclusivement jusqu’à l’âge de 4 ans, lorsqu’elle était une enfant de « Azarieh ». Mais ce qu’elle dépeint surtout, c’est sa quête de ses parents biologiques qui l’ont abandonnée, sa quête de sa mère surtout, cette « mama ou emmé » à laquelle elle voudrait tant mettre un visage, qui devient non seulement son leitmotiv, mais ausi le but de son existence. Ce désir d’en savoir plus sur sa naissance, de comprendre pourquoi et dans quelles circonstances elle a été abandonnée, se transforme en une hantise. Une hantise qui ne peut que faire souffrir ses parents adoptifs, devenus malgré eux partenaires actifs dans la quête engagée par leur fille, par amour pour elle, par peur aussi de la perdre.
Au fil des pages, Alexandrine l’enfant rebelle se transforme. La jeune fille déchirée entre deux mondes, écorchée vive, rancunière, qui donne des surnoms à sa mère adoptive pour ne pas l’appeler maman, qui lui crache sa souffrance d’avoir été déracinée, arrachée à son pays tant chéri, se mue, progressivement, en une Alexandrine plus tolérante. Une Alexandrine qui a accepté sa situation, même si sa quête n’a toujours pas abouti. Une Alexandrine qui a intériorisé sa dualité et qui désire exister en tant que telle. 
L’enfant du secret est le cri de souffrance d’une personne qui finit par comprendre que les mentalités d’une société encore trop traditionnelle sont plus fortes que le droit à retrouver ses origines. Au terme d’années de combat, L’enfant du secret est en quelque sorte le parcours d’Alexandrine, un parcours identitaire, semé d’embûches, mais aussi tout plein d’émotions, de souvenirs, de parfums, d’amour, de poésie aussi. Un message d’amour immense qu’elle exprime aussi bien à ses parents adoptifs qu’aux religieuses de la crèche.
Au-delà de l’histoire personnelle d’Alexandrine, resurgit le problème de l’adoption, de l’accès aux origines, mais aussi des grossesses illégitimes dans une société libanaise encore traditionnelle. 
Dans le cadre de la signature de son ouvrage, L’enfant du secret, édité chez L’Harmattan, Alexandrine Siham organisera une conférence-débat, sur le thème « Parcours d’un adopté entre deux pays », le dimanche 24 octobre à 17 heures, au Biel, au Salon Lire en français et en musique, à la salle Quatz’arts. La signature du livre suivra la conférence, à 18 heures, au stand de la librairie Antoine.

Ecrit par Origines Liban à 21:14 dans ARTICLES DE PRESSE Lu 1655 fois.

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Mardi (07/09/04)

An evolving culture of adoption in Lebanon?Religion, civil war history affect families

By Jessy Chahine Daily Star Wednesday, September 08, 2004

In some areas of the country where adopting is still looked down upon, 'fostering' is a more palatable option

"The doctor told me that the father of the child was killed in the war, that his mother had died in labor and that he was going to be placed in an orphanage since no one in his family wanted to look after him," Nadia added.

"I don't know what came over me, but it was a spur of the moment decision and I instantly knew that I wanted this child."

While the couple's decision to adopt Nabil was prompted by compassion, for other couples desperate for a child, adoption is the only option. Either way, experts argue, Lebanese law does not make the prospect easy since all family matters are dealt with by religious courts, which differ according to the community.

While adoption is prohibited in Islam, couples have the option of being legal guardians of a child who they raise as their own, but who does not take their name. Ibrahim Traboulsi, a lawyer and professor of family law at Saint Joseph University, said that children can be adopted from an orphanage, the hospital in which they are born or directly from the biological parents - who must in turn sign a release for the child. "Once a child has been found, the prospective parents must then approach the courts with all the necessary documents," Traboulsi said.

Among the Lebanese christian community, full adoption is permitted and, except for minor details, all churches follow the same rules. In the Roman Catholic Church, adoption is also possible for single parents.

According to Habib Badr, a pastor at the Evangelical Church, petitioners should be at least 18 years older than the child, who must also belong to the same community. "The (above) couple was able to adopt Nabil despite having another child because authorities were less able to exercise control during the war," the pastor said, adding that the church insists that adoptive parents should not have any other children.

"The couple must also present medical proof that they are unable to have babies of their own," Badr said, "and if a woman becomes pregnant after adoption, which is a very common occurrence, the couple may keep both children."

According to legal expert Abdo Abou Jaoude, biological parents lose all custody rights as soon as they sign the release. "They may, however, obtain permission to see the child if the adoptive parents agree," Abou Jaoude said, adding that there is no official authority that follows up on the welfare of a child after it is adopted. "It's up to the Ministry of Social Affairs to undertake this responsibility."

In Western countries, Traboulsi said, conditions for adoption are very tough - and for justifiable reasons.

"In those countries, if a child's rights are violated, he or she can be removed from the home," Traboulsi said. "This would apply for both biological and adopted children."

Unfortunately, he added, by allowing religious authorities in this country to deal with such sensitive family matters without guarantees of state protection, "the government is forfeiting its responsibility."

Ugarit Unan, anthropologist and pedagogist, argued that previous attempts by the ministry to prevent child abuse have proven insufficient.

"We are always one step too late," Unan said, "and while adoption is relatively common in Lebanon, very few statistics on it are available. This could be, Unan said, because most adoptions are shrouded in secrecy since society tends to frown upon them.

"One thing that really bothered me while I was in Lebanon was people's initial reaction when we decided to adopt Nabil," Nadia said. "They kept asking us how we could even think of adopting a child, when we didn't even know if he was Christian or Muslim."

According to Unan, one reason why adoption is perceived negatively in this country is that, unlike Western societies where birth records are available for adopted children, in Lebanon, most children put up for adoption are officially regarded as "illegitimate" and in many instances have been abandoned by their parents.

"All children born out of wedlock are illegitimate in the eyes of the law," Unan said, "Adoptive parents are therefore often put in a position where they don't know what they are getting themselves into."
http://www.dailystar.com.lb 

 

Because of the negative aura that surrounds adoption in Lebanon; many parents choose not to tell a child that he or she is adopted.

Unan said that it was not uncommon for children in this country to find out entirely by accident that they were adopted.

At a certain age, Unan said, children can become very inquisitive and may begin to ask questions about why they look different from their parents.

According to Unan, such a dramatic discovery about one's identity can lead to very different reactions depending, to a large extent, on the environment in which a child lives.

"On one hand, in villages and other closed societies, adoption is still seen as a very negative thing, and a child who is adopted is made to feel unacceptable," Unan said. "While in more urban and open societies on the other hand, adoptive parents raise a child with the idea that he is special and was chosen from many other children available for adoption."

Furthermore, Unan added, in an advanced stage of the adoption process, parents start telling their adopted children positive stories about their biological parents, and in that sense, erase any feeling of shame.

Telling the truth worked well for Nadia.

"From the very beginning, Nabil wasn't worried about being adopted," she said, "as far as he was concerned, there were a boy and girl, short and tall, and also adopted and biological."

Neither Nabil nor his parents have any regrets, she added: "If I had to do it over and over again, I wouldn't change a thing," Nadia said.

Nadim Feghali, another legal expert and religious court lawyer, defined adoption as a way of providing a new family and home for children who can no longer live with their ''birth'' family.

It is a legal process by which the adopted by which the adopted child becomes a full and permanent member of their new family.

"The adopted child will take on their new parents' surname, and will gain the rights of any natural children including inheritance rights," Feghali said, "and when they have adopted the child, the adoptive parents take on the responsibility to care for that child emotionally, economically and physically as if they were their own."

Currently, around five social services and adoption homes in Lebanon, have the responsibility of making sure that vulnerable children and toddlers are safe, cared for and grow up in a stable family environment with approved adoptive parents who are trained and dedicated to raising them.

"The decision to place a child for adoption is not taken lightly, and adoption will only be considered when it's not possible or suitable for a child to remain with their birth family," said Dalal Merhebi, a kindergarten teacher at a renowned Lebanese orphanage. "Choosing to adopt a child is not a decision that can be made easily."

However, with adoption in Lebanon being surrounded by many negative hues and difficulties, fostering is a bit more tolerated.

"Fostering is a way of providing an alternative family life for children and young people who cannot live at home with their own family," Unan said. "This may be because a parent is ill or needs short term support, or, more seriously, because the child is unable to return home and needs a long-term family."

Fostering, according to Unan, may involve looking after a child for a night or two, at weekends, for a few months, or for a number of years. "Fostering is another alternative for adoption," Unan said, "and it's working well in Lebanon, due to the numerous complications that the religious impose on the adoptive parents."

According to Samir Khalaf, sociologist, the majority of the children placed for adoption will have had an unsettled early life and may have physical, emotional and educational delay.

"Apart from their clearly identified individual needs, all the children placed for adoption will have a need for stability and will have experienced loss in their lives," Khalaf said. "Some may have been abused or neglected and may display challenging behavior."

Some of them, Khalaf also added, do not know how it feels to be part of a stable family or to have a meaningful relationship with an adult. "These children want to feel safe and secure and be looked after by parents who will love and protect them," Khalaf said.

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Lundi (30/08/04)

Government fails to embrace orphans.Orphanage receives some 18 children every year

Daily Star,By Maya Abou Nasr .Tuesday, August 31, 2004

 Government fails to embrace orphans
Orphanage receives some 18 children every year

Issuing IDs for abandoned children is difficult process in Lebanon

By Maya Abou Nasr
Daily Star staff
Tuesday, August 31, 2004

BEIRUT: Rudely disrupting nine-year old Fadi's deepest hopes, his best friend at the orphanage, Sara, told him one day that there was no point in trying to find his parents.

"If they wanted you, they wouldn't have given you up," she said with a simple shrug of her shoulders.

Fadi, one of Lebanon's untold number of parentless children, remained defiant: He would take his case to a local television station, hoping that they, at least, could help him find his parents.

Unfortunately, his effort did not get very far.

According to advocates, Fadi and Sara are living testament to one of the civil war's most unpleasant legacies: Thousands of children whose parents were killed, kidnapped, or went missing as a result of 15 years of strife.

Their whimpers have been heard in garbage cans, at churches or mosque doors, in the streets, at hospital doors or near orphanages. Sometimes, their innocence has been violated by their own parents.

"The civil war and the chaos that accompanied it led to cases of rape and unwanted pregnancies," said Doctor Said Mekkawi at Hammoud Hospital in Sidon.

"Some women are raped, others get pregnant with their consent," he said.

Mekkawi said that abandoning a child usually makes these women feel guilty. Indeed, most quickly regret what they did.

According to Mekkawi, these mothers also often monitor their child's status from a distance, following his or her growth."However, none of them came back to take her child," he added.

Mekkawi explained that whenever children ask about their parents, they are told that they are orphans.

"We tell them their parents died during the war," he said. "Children whose parents are alive enjoy the protection these kids do not ... We have a team to take care of them, we provide them with financial assistance and rehabilitation and we protect them. Yet, we cannot replace their parents."

Explaining how the hospital handles cases of abandoned children, Mekkawi said after they receive legal papers issued by the state prosecutor, the baby undergoes examinations at the hospital, after which time the child is sent to the orphanage.

Some of the most serious problems arise, however, when the child must start to attend school.

"It is not easy to issue an ID for him," Mekkawi said, a seemingly minor point that can create bureaucratic and emotional hassles.

Even though the orphanage manages to get the children under their care IDs, Mekkawi pointed out that they face a serious problem since the expression "mothers and fathers unknown," is written on the children's identification papers.

"This expression has a very bad impact on a child's morale," he said. "However, we have succeeded over the last two years to put false names of fathers and mothers on their IDs," Mekkawi added.

The doctor said the government in many instances does not do enough to secure the welfare of orphans.

"The society has no mercy on them, and does not respect them," he said. "Orphans need to be strong, so gossip they might face does not affect them."

Mekkawi criticized the government's failure to embrace these children, saying nongovernmental organizations end up shouldering the burden and taking responsibility for them. "Civil society organizations can embrace unwanted children for a certain period of time. However, instead of addressing the most critical issues by giving them official papers and providing them with job opportunities, the government is complicating their lives.
http://www.dailystar.com.lb

"Although the orphan might have an amount of money that would allow him to start a new life, it would be hard for him to live outside the orphanage, since he fears the society. Orphans have psychological problems, and the institution cannot do much for them," Mekkawi said, adding that Sidon orphanages have stopped receiving unwanted children, because they are currently overwhelmed.

He drew attention to another difficulty facing the orphanage: "Some people come to the orphanage trying to bargain with us and pay money to get or adopt the baby," he said.

"I know that some people are eager to have a child. However, these are the rules. In Islam, there is no adoption. It is more about a foster-parent relationship," Mekkawi said, referring to the "Kafala" system known in Islam, which allows people to take care of orphans and unwanted children without having to adopt them.

A nun at La Creche Saint Vincent, which has been caring for orphans since 1948, said they  were used to having three to four newborn infants arrive each week 40 years ago. "However, currently, a small number arrive, and most of the time, the child is handicapped."

The nun added that a child arrived earlier this year at the orphanage. "Unfortunately, he had head problems and is dying now! We have sent him to Mere Theresa, who usually takes care of handicapped."

Wafaa al-Baba, the director-general of the Islamic Orphanage Dar al-Aytam al-Islamiya described what he termed the precarious psychological status of unwanted children, saying that whenever they learn of their history, they quickly become bitter and frustrated.

"They develop a certain kind of bitterness toward society," she said.

According to Baba, the mother is not the one to be held responsible. "The father usually escapes his responsibilities and she always falls in the trap."

Baba said the orphanage receives around 15-18 children each year. "Nowadays, children at 6 and 7 are abandoned. We have received a 6-year-old handicapped child holding his belongings in his arms."

"We only accept the child through the office of the state prosecutor. As a social care institution, we issue them birth certificates and identity cards. If parents show up, we would just follow up the issue at the social level and try to make sure that they recognize their filiations, since the state prosecutor is the authority concerned with handling the baby if parents appear."

Baba also stressed that unwanted children can suffer from psychological, health and social problems. "There is nothing more helpless than unwanted children, who desperately struggles to survive. They might be sick, because their mother might have used medicines to abort, which would certainly affect them a lot."

The problem, she said lies in the fact that "we don't have any historical file for them, which causes more problems and complications. This is why the institution helps these children according to the treatment their case requires ... We are here to take care of them and take the place of their family, home and school."

 

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